gs1-neton-header-05.jpg

L’utilité augmente avec le nombre de participants

Avec un nouveau projet de données, Migros et deux entreprises partenaires s’aventurent en terre inconnue. Le succès ne se fait pas attendre. Il y a non seulement une grande reconnaissance, mais aussi de nombreux avantages.

Le Prix de la Logistique suisse est une distinction méritée pour la «place de marché des données logistiques», créée par la Fédération des coopératives Migros. Mais les partenaires du projet profitent de ce succès tous les jours: la «place de marché des données logistiques» est la base d’un tout nouveau système de gestion des flux de matières et d’informations. Grâce à une grande transparence des données sur la base des standards GS1 utilisés de manière cohérente, il permet une numérisation de la supply chain.

La place de marché des données est basée sur le standard EPCIS de GS1, en combinaison avec une identification univoque des unités logistiques pertinentes ainsi que de leur utilisation dans la pratique. «Selon l’état de nos connaissances, notre place de marché des données logistiques est la seule mise en application complète de ce standard via un réseau de producteurs, de logisticiens et d’entreprises commerciales sur le marché suisse», peuton lire dans le dossier de candidature au Prix de la Logistique suisse.

Plusieurs partenaires ont porté le projet jusqu’ici: la Fédération des coopératives Migros avec Migros Ostschweiz, le Herbert Ospelt Anstalt et la Bufis AG. Les partenaires commerciaux déplacent des volumes importants de marchandises chaque année. Environ 65 000 chargements de camions déplacent 2,6 millions de palettes ou 36 millions de conteneurs, soit 551 millions d’unités de commande à travers le pays.

Une longue liste de défauts
Au fil des années, les problèmes se sont accumulés. Et de nouvelles tendances ont mis les chaînes logistiques en place et leurs processus connexes sous pression. Les clients ont séparé la décision d’achat, le lieu d’achat et le lieu de la prestation, et simultanément il s’est produit une réduction des quantités unitaires et une augmentation des mouvements de marchandises. La fréquence des trajets a augmenté alors que la charge par trajet a reculé.

De plus, des informations solides sur le transport et le stockage manquaient. La gestion des stocks donnait souvent lieu à des improvisations, ou bien les connaissances utiles dépendaient des personnes présentes. L’utilisation d’étiquettes en papier prenait du temps et demandait beaucoup de matériel. Si les étiquettes se perdaient pendant le transport, la marchandise n’était plus disponible à la vente, dans le pire des cas.

Souvent on ne savait pas quelle marchandise devait être livrée dans quel conteneur, sur quelle palette, dans quel véhicule et quand. Si le fournisseur préparait des conteneurs pour une filiale, leur contenu n’était pas connu. Chaque conteneur avait pour seul attribut la filiale destinataire. Il manquait aux filiales une information correspondant avec le stock réel. La planification sur la surface est devenue exigeante, il fallait chercher la marchandise ou il se produisait des ruptures et des excédents de stock.

Libéré des entraves habituelles
L’EDI le plus parfaitement mis en place ne permettait pas de faire face à tout cela. Aujourd’hui, plus de 700 fournisseurs sont connectés aux systèmes de gestion des stocks de Migros. Cependant l’EDI atteint ses limites dans l’échange d’informations de statut basées sur les événements et en temps réel, car il fonctionne en général uniquement entre des systèmes de gestion des stocks qui ne gèrent pas d’informations détaillées sur les unités logistiques et sur leur statut.

La «place de marché des données logistiques » doit donc être le fondement d’une logistique commerciale pilotée par les événements, fortement automatisée et flexible. Elle fonctionne comme une couche commune d’abstraction, que les partenaires alimentent avec les données générées par les processus concernés, et dans laquelle ils peuvent en retour prélever des données qui leur sont utiles. Elle se différencie aussi de l’EDI toujours utilisé par le passage du principe «Push» au «Pull».

De la valeur issue du contexte
Les informations pertinentes naissent dans les processus de production et logistiques des entreprises participantes. Par l’utilisation de technologies comme le RFID ou la détection par caméra, des informations sont créées dans les processus de manière largement automatique en arrière-plan, et elles couvrent la chaîne de création de valeur de toutes les parties prenantes.

La création d’une information sous la forme d’un événement est déclenchée par l’identification dans le processus. Par exemple, un conteneur est détecté par le RFID ou un scannage. Les données d’identification sont alors enrichies avec Business-Kontext, qui décrit ce qui s’est passé. Ainsi, l’information QUOI indique le ou les objets identifié( s) et une relation possible avec d’autres objets. L’information QUAND est l’horodatage de l’identification.

Grâce à une clé standardisée pour les emplacements (SGLN), il est même possible de saisir différents postes de préparation de commande, ou de sites de stockage, comme lieux d’identification. L’information POURQUOI décrit le processus en utilisant le vocabulaire standard utilisé dans le monde entier, qui est adopté et conservé dans «Core- Business-Vocabulary 5».

La flexibilité avec l’EPCIS
Les données sont enregistrées et sauvegardées sur la base du standard de communication ouvert EPCIS de GS1. Le standard EPCIS a été choisi parce qu’il propose la base idéale pour l’intégration de multiples partenaires. Dans les paysages EPCIS, chaque participant au processus publie les données créées chez lui et utiles au processus (publish). Simultanément il fait appel aux données publiées par les autres (subscribe) pour les utiliser dans ses processus.

Cette architecture offre l’indépendance avec une intégrité et une qualité très élevées de l’information. Aucune coordination directe avec les systèmes des différents partenaires participants n’est nécessaire; l’infrastructure peut se développer et il est possible d’ajouter des services. Les informations disponibles peuvent être consultées à volonté, sans occasionner de frais pour les sources de données. La forte standardisation, permet d’éviter une «solution en îlot».

Les objectifs d’utilisation des données sont variés et s’étendent de la sécurisation d’une traçabilité en continu jusqu’aux réceptions automatiques de marchandises et aux gestions des stocks. Les producteurs apprennent si leur livraison est arrivée et déclenchent la facturation en temps réel. Un centre de distribution peut affecter automatiquement différents conteneurs à une tournée de livraisons et assembler simultanément d’autres conteneurs sur une palette vers la même destination.

Plusieurs niveaux d’avantages
Les avantages générés par la place de marché de données ont de multiples facettes. Dans les domaines de la création de valeur logistique, des avantages liés à l’automatisation, l’information et la transformation ont été créés. Le seul avantage de l’automatisation a amorti la charge financière du projet. Les processus d’étiquetage ont été supprimés, la réception des marchandises a été automatisée grâce au RFID et les corrections manuelles ou les saisies d’information sont devenus superflues. Les installations de traitement sont alimentées automatiquement en palettes et le RFID autorise un contrôle automatique de l’expédition.

L’avantage de l’information réside dans une plus grande sécurité des données pendant le travail et un nombre de questions en forte réduction. Les livraisons ou les objets peuvent être déposés tôt, il n’y a plus de zones d’ombre au sujet du contenu des conteneurs préparés par les fournisseurs, et les informations relatives au stock autorisent un inventaire permanent de tous les types de stocks. La transparence des flux de matières permet pour la première fois une vue globale des processus.

Les avantages de cette transformation ouvrent de nouvelles dimensions. Des processus nouveaux apparaissent, comme l’enregistrement pour chaque prestation, et il devient possible de travailler au sein des flux de matières avec une gestion des priorités. Grâce aux nouveaux processus logistiques possibles, Migros Ostschweiz réalise des économies considérables, et une rationalisation des processus. L’avantage pour la centrale d’exploitation rejaillit aussi sur les sous-traitants. Ils peuvent compacter les unités logistiques et réduire les coûts de transport.

Alexander Saheb

Nach oben