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«Une entreprise qui n’innove pas est condamnée.»

13, un chiffre porte-malheur? Certainement pas pour le GS1 Forum Suisse de Logistique. En effet, la treizième édition de cet événement a réuni plus de 140 logisticiens de Suisse romande pour discuter des innovations et de leurs impacts sur la supply chain.

(kb) Conformément à la devise de cette année, «Innovations: impacts sur la supply chain, de l’achat au service client», les seize orateurs issus de différents secteurs ont donné un aperçu varié du sujet tout en soulignant son importance: «Une entreprise qui n’innove pas est condamnée», déclara Joël André, Head of Software Realization chez Swisslog AG.

Innover, coordonner, simplifier

C’est lors de l’ouverture que le professeur Philippe Wieser, directeur de l’IML (Institut International de Management pour la Logistique) à l’EPFL, démontra les différentes facettes du terme «innovation », qui ne se limite pas aux innovations technologiques. Les innovations s’appliquent également aux domaines de l’organisation, de la méthodologie et de la stratégie. En conséquence, il faut bien coordonner les différentes innovations et veiller à leur cohérence. Malgré ce défi, les innovations peuvent toutefois contribuer à la simplification.

Créativité organisée

Studio Banana a réalisé un résumé graphique de la journée.Mais comment innover d’une manière productive? Dans un vivant exposé, Yves Pigneur de l’Université de Lausanne a répondu à cette question en expliquant l’importance des «business models» dans les processus d’innovation. A l’aide d’exemples couronnés de succès, il illustra qu’une «innovation produit» doit toujours être encadrée par un nouveau «business model». Autre élément clé: prendre des risques et expérimenter. «Il ne sert à rien d’essayer de prouver que cela marche à l’avance.» Une fois le «business model » créé, il s’agit d’analyser les points forts et les points faibles. «Ensuite il est nécessaire de valider cet ensemble d’hypothèses auprès des clients et de l’adapter. C’est à ce moment-là qu’on peut lancer son projet», conclut-il.

Traçabilité et transparence

Deux exemples pratiques ont été présentés afin d’illustrer des innovations réalisées pour rendre transparente la supply chain. Grâce au partenariat avec l’entrepriseAgoraBee, Migros dispose aujourd’hui d’un système de géolocalisation permettant le suivi en temps réel de plus de 150 tournées par jour. L’innovation consiste en la possibilité de reconnaître trois états d’objets sans aucune intervention humaine: attelé, transporté, dételé. En outre, ce système permet la surveillance des températures des cellules frigorifiques.
La traçabilité a également de l’importance dans des domaines autres que le transport. Gilles Dana, directeur RSE de Product DNA SA, a présenté la plateforme www.respect-code.org, qui permet aux consommateurs de suivre chaque étape de fabrication et livraison de leurs produits. Plus de 40 millions de produits disposent déjà d’un code permettant ce suivi. La plateforme n’est pas destinée qu’aux consommateurs finaux. Elle fournit également une base d’information pour les acheteurs. Dans tous les cas, elle permet un achat responsable et durable.

Le pouvoir du client

 Les participants profitaient pour poser des questions après chaque exposé.Philippe Wieser l’avait déjà mis en évidence lors de l’introduction: les motifs pour des innovations varient. Pour le magasin de mode de vente à distance, La Redoute, c’étaient les clients. Dix ans après le lancement de son e-shop suisse, La Redoute compte 80 % d’activité en ligne. «L’internet a changé notre business model», confirme Antoine Thooris, COO Switzerland & Italy de REDCATS Suisse SA. En plus de la concurrence acharnée sur les produits et les prix, les nouveaux besoins et attentes des clients accentuent la pression. Avant tout, ils attendent que la livraison soit rapide et flexible et les retours faciles. «Il ne suffit plus de se différencier par ses produits et ses prix. Il faut se démarquer par ses services», résume Antoine Thooris. Face à 45 % de retours (2013), La Redoute avait cherché un moyen de rendre le retour plus accessible aux clients sans pour autant le prendre à sa charge. C’est pourquoi La Redoute a lancé un service de relais colis avec son partenaire Naville, qui lui était à la recherche de relais de croissance. Le réseau est dense: aujourd’hui, 176 points Naville acceptent l’aller et retour, 780 Kiosk acceptent le retour et bientôt l’aller. Depuis son début en 2010, le service a connu une forte croissance qui confirme son succès. 20 % des retours passent déjà par un relais colis. D’après les sondages, les clients apprécient surtout le prix moins cher de la Poste ainsi que la facilité d’utilisation.
Ce ne sont pas que les e-marchands qui cherchent de nouvelles solutions pour satisfaire les besoins et attentes de plus en plus exigeantes de leurs clients. Antoine Gorgeon de DHL Logistics Suisse SA (DHL Division Supply Chain) a présenté le projet «MyWays» qui est actuellement en phase de test à Stockholm. Ce concept de distribution vise surtout à augmenter la flexibilité pour le destinataire. Sur la plateforme MyWays, le destinataire «crée» le colis en enregistrant son numéro de suivi et en précisant les heures et lieux de livraison. En plus, il définit le montant de crédits qu’il souhaite verser au livreur. Le colis est ensuite retiré et livré par un membre de la plate-forme. La particularité: les livreurs sont des privés qui peuvent transférer les crédits en argent réel.
Le GS1 Forum Suisse de Logistique de cette année a traité le sujet des innovations sous différents points de vue, en tenant compte de tous les éléments de la supply chain. Les exemples pratiques ont prouvé qu’une innovation réussie se réalise en étroite collaboration avec les partenaires.

Katharina Birk

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