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Transparence dans la distribution des vaccins

La campagne mondiale de vaccination pour contenir le Covid-19 doit veiller à la traçabilité et la sécurité des patients. Les systèmes de santé nationaux assurent ceci de manière concrète et décident de l’utilisation ou non d’un concept d’identification éprouvé dans le monde entier comme GS1.

La plus grande opération de vaccination au monde est maintenant en marche avec le passage à la nouvelle année 2021. Elle représente une stratégie décisive pour contenir radicalement la pandémie du Covid-19 qui s’est déclarée fin 2019 et prendre en compte sa dangerosité. Au vu de l’approche globale, certains aspects de ce défi sont régulièrement évoqués dans les médias: il faut une très grande quantité de vaccins. Il y a des goulets d’étranglement dans la production. En parallèle aux vaccins, d’autres produits sont également nécessaires.

Au-delà des problèmes techniques de la distribution, il faut un outil pour des questions supplémentaires sur la traçabilité et la sécurité des patients en lien avec la campagne de vaccination: comment surveiller les effets secondaires? Comment relier les doses de vaccin administrées aux patients? Comment puis-je obtenir des informations fiables sur l’avancement de la campagne de vaccination dans un pays?

Créer de la confiance
Dans son rapport «Sécurité dans la chaîne d’approvisionnement mondiale du Covid-19» publié fin 2020, le cabinet d’expertise comptable Deloitte citait des recommandations urgentes pour créer la confiance publique dans la campagne de vaccination. Par rapport à l’industrie, le cabinet formulait l’exigence d’un très haut niveau de collaboration dans le développement des vaccins. Deuxièmement, les organisateurs de la chaîne d’approvisionnement doivent anticiper les exigences classiques d’une campagne de vaccination. Ainsi l’élaboration d’une surveillance de la sécurité en lien avec l’administration des vaccins, ou la préférence des campagnes de vaccination pour les personnes vulnérables ont été recommandées. Troisièmement les autorités contribuent, avec une communication basée sur l’évidence, à ce que les volontaires pour la vaccination puissent se fier aux vaccins récemment mis au point.

Quatrièmement, les autorités sanitaires doivent sécuriser avec une méthodologie efficace la traçabilité des lots (contrôle des effets secondaires éventuels, des accaparements indésirables) et la sécurité des patients (inefficacité de la dose, protection contre les contrefaçons de produits). C’est pourquoi le rapport recommande l’utilisation de standards de marquage éprouvés dans le monde entier et cite explicitement les codes-barres GS1. Les auteurs du rapport s’appuient ici sur les critères des appels d’offres d’organisations internationales comme l’UNICEF, l’OMS ou l’Alliance du vaccin Gavi. Ainsi des documents (de l’UNICEF, de l’OMS, etc.) décrivent le DataMatrix bidimensionnel de GS1 comme la caractéristique de produit préférée à tous les niveaux d’emballage (hormis les palettes) pour les exigences minimales que sont le GTIN, le numéro de lot et la date de péremption.

Un coup d’oeil sur les stratégies nationales de mise en oeuvre montre que lors de la sécurisation de la traçabilité et de la sécurité des patients, les organisateurs de la campagne de vaccination maintenant en marche doivent – selon le pays et le système de santé – prendre en considération les structures historiques, ou bien élaborer des solutions adaptées.

Responsabilité partagée en Suisse
En Suisse, la responsabilité de la santé publique revient aux cantons. Il est vrai que des données sur la gestion des vaccins sont collectées, ainsi que des listes de personnes ayant reçu des doses de vaccin. Cependant, les stocks de données enregistrées de manière décentralisée ne peuvent pas être reliés facilement. On tient compte ici de la chaîne d’approvisionnement des vaccins en Suisse esquissée ici.

Livraison entrante et sortante
La pharmacie de l’armée reçoit les emballages originaux du fabricant, les refroidit et les livre à des points de livraison cités par les cantons. Elle travaille ici avec ses propres numéros de matériel. La traçabilité est assurée avec des numéros de lots lisibles à l’oeil nu mais saisis dans le système. Étant donné que le vaccin est transféré dans ses emballages d’origine par l’armée aux cantons, l’introduction de contrefaçons n’est pas possible.

Décongélation et reconditionnement
Les cantons mandatent des entreprises spécialisées pour la décongélation et le reconditionnement des ampoules de vaccin. À ce stade, une étiquette est pourvue de la date d’enlèvement et de la date de péremption (dans le cas du vaccin Moderna, le délai est de 30 jours).

Mise en relation des données
La mise en relation des données de patients avec des données de produits est de la responsabilité des cantons qui effectuent les enregistrements des vaccins. Dans le canton de Saint-Gall, les médecins traitants sont également habilités à se procurer des volumes définis du vaccin Moderna via 12 pharmacies publiques. Les contingents sont fixés par le Bureau de la médecine préventive. Les vaccins sont enregistrés via une application Internet. Le travail administratif est réduit étant donné que les informations relatives à la traçabilité (nom du vaccin, numéro de lot, date de péremption) sont déjà saisies.

D’une seule traite en Irlande
Ailleurs, le service national de santé fait confiance à un concept d’identification en continu et éprouvé dans le monde entier. À l’occasion d’un «Executive dialogue» (webinaire) réalisé par GS1 Global Office, Siobhain Duggan, directrice de Innovation and Healthcare de GS1 Ireland, rapportait sur les enseignements dans l’accompagnement stratégique de la campagne nationale de vaccination. À la différence de la Suisse, il existe en Irlande un système de soins de santé centralisé. Le Health Service Executive (HSE) avait pour mission de mettre en place lors de la réalisation de la campagne de vaccination, un système de traçabilité sans failles pour chaque dose individuelle.

GS1 Ireland a assisté le HSE dans le cadre d’un projet pour cette mission. D’abord des clés d’identification pour des unités d’expédition (SSCC), des localités (GLN) ou du personnel soignant et pour des patients (GSRN) ont été attribuées. Puis la manipulation des reconditionnements du vaccin Pfizer, à sortir du congélateur, réclamait une solution spécifique. Une nouvelle étiquette portant un GS1 DataMatrix est marquée d’une nouvelle date de péremption.

Le logiciel utilisé pour la lecture des codes-barres bidimensionnels (Data- Matrix de GS1) a dû être modifié dans 700 centres de vaccination dans le pays. Avec le scannage et le téléchargement de données dans une banque de données à la réception des marchandises du centre de vaccination, les informations sur le lot reçu de la centrale HSE ainsi que celle sur le médecin du centre qui vaccine sont immédiatement disponibles. La saisie informatique fastidieuse des informations relatives aux lots est supprimée.

Toutefois le HSE fait un pas décisif de plus. Prochainement, les ampoules de vaccin et les seringues seront également équipées de codes-barres dans les centres importants. «Ceci supprimera le travail manuel et le contrôle consécutif fastidieux des doses de vaccin administrées», selon Siobhain Duggan.

Manuel Fischer

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